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IA & outils

Mon setup IA au quotidien pour gérer 4 projets

Je gère Kala, MafateRésa, Zinfluence et le reste en parallèle. Voici comment l'IA m'aide à rester productif sans équipe — et les limites du système.

Le contexte : seul avec tout

Je gère quatre projets en parallèle. Kala, la location de matériel outdoor entre particuliers. MafateRésa, la réservation de gîtes dans le cirque de Mafate. Zinfluence, la marketplace d'influence locale. Et ce blog, qui est un projet en soi même si je ne le monétise pas.

Pas d'équipe. Pas de CTO. Pas de dev. Pas de stagiaire. Pas d'assistant. Juste moi.

Je code les produits. Je fais le design. J'écris le contenu. Je gère le support. Je fais l'acquisition. Je fais la compta. Je réponds aux emails. Je vais sur le terrain. Je réfléchis à la stratégie. Tout, tout le temps, sur quatre projets.

Sur le papier, c'est impossible. Un humain seul ne peut pas faire le travail de quatre équipes. Et c'est vrai : je ne fais pas le travail de quatre équipes. Je fais le travail d'une petite équipe, réparti sur quatre projets, en priorisant brutalement. Mais ce qui rend ça possible -- ce qui transforme l'impossible en simplement très difficile -- c'est l'IA.

Je vais être transparent sur mon setup. Pas de bullshit productivité, pas de "grâce à l'IA j'ai décuplé ma productivité". La réalité est plus nuancée. L'IA me rend plus efficace sur certaines tâches, m'ouvre des capacités que je n'avais pas (le code, surtout), et me fait gagner du temps sur des choses qui m'auraient bloqué. Mais elle ne remplace pas la réflexion, ni la présence terrain, ni les décisions difficiles.

Comment j'utilise Claude au quotidien

Claude est mon outil principal. Je l'utilise via l'interface web pour les sessions de réflexion, et via Claude Code (dans le terminal) pour tout ce qui touche au développement. C'est devenu aussi naturel que d'ouvrir un navigateur.

Pour coder. C'est là que le gain est le plus massif. Je ne suis pas développeur de formation. Mon parcours, c'est le marketing, la croissance, l'acquisition. J'ai appris les bases du HTML, du CSS, du JavaScript au fil des ans, et je suis capable de lire du code et de comprendre une architecture. Mais écrire une app complète de zéro ? Avant l'IA, c'était hors de ma portée.

Avec Claude, je construis des produits complets. MafateRésa, c'est du Next.js avec Supabase en backend, du Stripe pour les paiements, une interface gérant et une interface utilisateur. Kala, même stack, avec en plus de la géolocalisation et un système de caution. Zinfluence, idem. Chaque ligne de code de ces produits est passée par une conversation avec Claude.

Mon processus de dev ressemble à ça : je décris ce que je veux en langage naturel ("j'ai besoin d'un composant de calendrier qui affiche les disponibilités du gîte, avec les dates réservées grisées et un formulaire de réservation quand on clique sur une date disponible"), Claude génère le code, je le lis, je le comprends (c'est essentiel -- je ne copie jamais du code que je ne comprends pas), je l'intègre, je teste, et on itère.

Le debugging aussi. Quand quelque chose casse -- et ça casse souvent -- je colle l'erreur dans Claude avec le contexte, et on trouve la solution ensemble. Avant, un bug sur un webhook Stripe m'aurait bloqué des jours. Maintenant, c'est 20 minutes de conversation et c'est résolu.

Pour donner un ordre de grandeur : MafateRésa dans sa version actuelle, je l'ai construite en trois semaines. Interface utilisateur, interface gérant, système de paiement, emails transactionnels, le tout. Trois semaines pour une seule personne, non-dev. Sans IA, ce projet aurait nécessité un développeur freelance pendant deux mois minimum, pour un coût de 15 000 à 25 000 euros. C'est la différence entre un projet viable et un projet mort-né.

Pour réfléchir. Claude est aussi mon sparring partner stratégique. Quand j'ai une idée de feature, je la challenge avec Claude avant de l'implémenter. "Est-ce que ça a du sens d'ajouter un système de notation entre loueurs et locataires sur Kala ? Quels sont les risques ? Quelles plateformes font ça bien et pourquoi ?" La conversation qui suit me force à structurer ma pensée, à considérer des angles que j'aurais ratés seul.

J'utilise beaucoup Claude pour le brainstorming structuré. Pas le brainstorming créatif à la post-it -- plutôt le "voici mon problème, voici mes contraintes, quelles sont mes options et quels sont les trade-offs de chacune". Claude est particulièrement bon pour lister les inconvénients d'une idée à laquelle je suis attaché. C'est dur à faire soi-même, surtout quand on est seul et qu'il n'y a personne pour jouer l'avocat du diable.

Pour écrire. Pas pour rédiger à ma place -- j'écris tous mes articles moi-même, y compris celui-ci. Mais pour structurer. Quand j'ai une idée d'article, je la jette en vrac dans Claude : les thèmes, les anecdotes, les points que je veux aborder. Claude me propose un plan, me pose des questions sur les parties floues, et me renvoie une structure que je peux suivre ou ignorer.

Pour les tâches d'écriture plus mécaniques -- descriptions produit, emails transactionnels, conditions d'utilisation -- là, Claude fait le premier jet et j'adapte au ton. Ça me fait gagner un temps fou sur des tâches qui ne nécessitent pas mon style personnel.

Pour apprendre. L'IA est un professeur patient et disponible. Quand j'ai besoin de comprendre un concept technique (comment fonctionne un webhook, comment optimiser une requête SQL, pourquoi ma page pèse 3 Mo), je pose la question et j'obtiens une explication adaptée à mon niveau. C'est comme avoir un collègue senior disponible 24h/24 qui ne juge jamais la stupidité de tes questions.

Ma journée type

Chaque semaine, je choisis un projet prioritaire. Pas le plus urgent -- le plus impactant. Si MafateRésa a un bug critique, c'est urgent et ça passe devant. Mais sinon, je choisis stratégiquement : quel projet a le plus de potentiel de progression cette semaine ?

6h-6h30 : réveil et état des lieux. Je vérifie les dashboards de chaque projet. Analytics, inscriptions, messages support, paiements. 10 minutes par projet. Je note les alertes : un bug remonté, un email important, un pic de trafic inexpliqué. L'objectif, c'est d'avoir une vue d'ensemble avant de commencer.

7h-12h : deep work sur le projet prioritaire. C'est le bloc le plus important de ma journée. Cinq heures de focus, pas de distraction. C'est là que je code, que je construis, que j'avance. Claude Code est ouvert dans un terminal, VS Code dans l'autre. Je code, je teste, je déploie. Quand je suis en mode dev, je peux sortir une feature complète dans ce bloc. Le matin est sacré -- je ne prends pas de rendez-vous, je ne réponds pas aux emails, je ne scrolle pas.

12h-13h : pause. Vraie pause. Pas de code, pas d'écran. Je marche, je mange, je décroche. C'est non négociable. Quand j'ai essayé de travailler sans pause, ma productivité de l'après-midi tombait à zéro.

13h-16h : tâches transverses. C'est le bloc multi-projets. Support utilisateur (répondre aux messages, résoudre les problèmes), admin (factures, compta, administratif), contenu (posts réseaux sociaux, mise à jour des pages). Je traite chaque projet l'un après l'autre, 30 à 45 minutes chacun. C'est du travail moins profond mais nécessaire.

16h-17h : terrain ou partenariats. Quand c'est pertinent, c'est le moment où je sors. Aller voir un gérant de gîte, passer chez un partenaire, coller des affiches. Pas tous les jours, mais 2-3 fois par semaine.

20h-21h : réflexion produit. Le soir, je prends du recul. C'est là que je réfléchis avec Claude aux orientations de chaque projet. Pas du code, pas de l'exécution -- de la pensée. "Est-ce que la fonctionnalité X est la bonne priorité pour Kala ? Quels signaux me disent que MafateRésa a atteint le product-market fit ? Zinfluence devrait-il pivoter vers une autre verticale ?" Ces sessions ne produisent pas de livrable immédiat, mais elles alimentent les décisions du lendemain.

Ce planning n'est pas rigide. Certains jours, un bug critique explose tout. D'autres jours, une opportunité terrain se présente le matin et je décale le deep work. L'important, c'est la structure : un bloc de focus le matin, du multi-tâches l'après-midi, de la réflexion le soir. Quand cette structure tient, je suis productif. Quand elle saute, je disperse.

Gérer le context switching entre 4 projets

Le context switching, c'est le tueur silencieux du solopreneur multi-projets. Passer de Kala à MafateRésa, ce n'est pas juste changer d'onglet. C'est changer de mental model, de base de code, de persona utilisateur, de priorités. Ça prend du temps et de l'énergie.

J'ai essayé plusieurs approches. L'alternance quotidienne : un jour Kala, un jour MafateRésa, un jour Zinfluence. Résultat catastrophique. Chaque matin, je passais 45 minutes à me remettre dans le contexte du projet du jour. Trois heures de contexte perdu par semaine.

L'alternance hebdomadaire : une semaine entière sur un seul projet. Mieux pour le focus, mais les autres projets souffrent. Une semaine sans toucher à MafateRésa, et les demandes support s'accumulent, un bug reste non corrigé, les gérants se sentent ignorés.

Ma solution actuelle : le projet prioritaire de la semaine prend le bloc matinal (70% de mon temps productif), et les autres projets se partagent les blocs de l'après-midi (30% restant). Le switch entre le matin et l'après-midi est un seul switch par jour, pas dix. Et dans le bloc après-midi, je traite les projets par ordre d'urgence, pas de complexité -- c'est du support, de l'admin, des petits ajustements, pas du deep work.

Claude m'aide beaucoup sur le context switching technique. Quand je reviens sur le code de Kala après une semaine sur MafateRésa, je n'ai pas besoin de relire tout le codebase. Je dis à Claude : "Rappelle-moi où j'en étais sur le système de caution de Kala. Voici les derniers commits. Quel est l'état actuel et qu'est-ce qui reste à faire ?" En cinq minutes, j'ai un briefing complet. C'est comme avoir un collègue qui a tout suivi en mon absence.

Pour le contexte non-technique -- la stratégie, les retours utilisateurs, les métriques -- j'utilise un système simple : un fichier Notion par projet avec une section "journal" où je note chaque jour ce que j'ai fait et ce qui est prévu. Trois lignes maximum. Quand je reprends un projet après quelques jours, je relis les dernières entrées et je suis à jour.

Ce que l'IA ne peut pas faire

C'est la partie que personne ne veut écrire dans les articles sur l'IA et la productivité. Les limites. Ce qui ne marche pas. Ce que j'ai essayé de déléguer à Claude et qui a échoué.

La stratégie de fond. Claude peut m'aider à structurer ma réflexion stratégique, mais il ne peut pas prendre les décisions à ma place. "Est-ce que je dois arrêter Babines ?" -- cette décision, Claude ne peut pas la prendre. Il peut lister les arguments pour et contre, modéliser des scénarios, analyser des données. Mais la décision finale repose sur des facteurs qu'aucune IA ne maîtrise : mon intuition du marché, ma connaissance des gens, mon énergie disponible, mes envies profondes. Les meilleures décisions que j'ai prises venaient de mon gut feeling nourri par l'expérience terrain, pas d'une analyse rationnelle.

Le sens du marché. "Est-ce que les réunionnais sont prêts à louer du matériel à des inconnus ?" Claude peut me donner des analyses sur l'économie du partage, des comparaisons avec d'autres marchés, des études de cas. Mais le vrai sens du marché, je l'obtiens en allant au marché forain de Saint-Paul et en discutant avec les gens. En voyant leurs réactions quand je leur explique Kala. En captant les micro-expressions, les hésitations, l'enthousiasme ou la méfiance. Ces signaux faibles, aucune IA ne les capte. Et ce sont les plus importants.

Le travail de terrain. Évidemment. Aller marcher jusqu'à un îlet de Mafate pour convaincre un gérant de gîte, ça ne se délègue pas à une IA. Coller des affiches dans les toilettes, parler aux gens, serrer des mains, c'est du travail physique et humain par définition. Et comme je l'ai expliqué dans mon article sur l'acquisition terrain, c'est souvent le travail le plus impactant.

Les décisions émotionnellement chargées. Arrêter Babines, c'était émotionnel. J'avais des clients qui comptaient sur moi, des chiens qui mangeaient mieux grâce à mon produit. La décision rationnelle était claire : les marges ne permettaient pas de scaler, l'infrastructure n'était pas viable. Mais émotionnellement, c'était dur. Claude peut analyser les chiffres, mais il ne peut pas porter le poids de la décision. Cette charge, elle est pour moi.

La créativité de rupture. Claude est excellent pour optimiser, itérer, améliorer. Mais les idées de rupture -- celles qui changent l'angle, qui redéfinissent le problème -- elles viennent rarement de l'IA. L'idée de MafateRésa est venue d'une randonnée frustrante où je n'arrivais pas à trouver un gîte disponible. L'idée de Kala est venue en voyant trois paddles dormir dans le garage de mon voisin. L'idée de Babines est venue en voyant un chien obèse sur la plage de Boucan Canot. Ces observations du réel, ces connexions intuitives entre un problème et une solution, c'est de la créativité humaine. L'IA peut ensuite m'aider à structurer l'idée, à la valider, à la construire. Mais l'étincelle initiale, elle vient toujours de moi.

Le support humain. J'ai essayé de créer un chatbot IA pour le support de Kala. Techniquement, ça marchait. Mais les retours utilisateurs étaient clairs : les gens préféraient parler à un humain. À La Réunion, la relation humaine est centrale. Quand un utilisateur a un problème avec une réservation, il veut parler à quelqu'un qui comprend, qui s'excuse, qui résout. Pas à un bot qui donne des réponses formatées. J'ai abandonné le chatbot au bout de deux semaines.

Le solopreneur IA en 2027 : une petite équipe de 2020

J'ai une conviction qui se renforce de mois en mois : un solopreneur équipé d'IA en 2027 produit autant qu'une petite équipe de 3-4 personnes en 2020. En volume d'exécution, pas en qualité stratégique.

Ce que je fais seul aujourd'hui -- coder 4 produits, écrire du contenu, gérer le support, faire de l'acquisition -- aurait nécessité il y a quelques années un dev, un rédacteur, et moi pour le marketing et la stratégie. Minimum trois personnes. Budget annuel : 100 000+ euros en salaires. Aujourd'hui, c'est moi et un abonnement Claude à 20 dollars par mois.

Mais attention au fantasme. Ce n'est pas parce que je produis le volume d'une petite équipe que j'ai la qualité d'une petite équipe. Un vrai dev senior écrirait un code plus propre, plus performant, mieux architecturé que ce que je produis avec Claude. Un vrai rédacteur écrirait probablement des articles plus percutants. Un vrai support manager gérerait mieux la relation client.

L'IA me permet de faire des choses que je ne pouvais pas faire. Elle ne me rend pas expert dans ces domaines. Je suis un généraliste augmenté, pas un spécialiste. Et quand les projets grandiront au point de nécessiter de l'expertise spécialisée, il faudra recruter. L'IA repousse ce seuil, elle ne l'élimine pas.

L'autre limite du modèle solopreneur+IA, c'est la bande passante. Même avec toute l'IA du monde, je reste une seule personne avec 24 heures dans ma journée. Je ne peux pas être en rendez-vous terrain et en train de coder simultanément. Je ne peux pas répondre au support de MafateRésa pendant que je débugge Kala. L'IA parallélise certaines tâches (Claude peut réfléchir pendant que je fais autre chose), mais le goulot d'étranglement, c'est mon temps d'attention et de décision.

Les outils au-delà de Claude

Claude est le centre de mon setup, mais il y a quelques autres outils qui font tourner la machine.

Supabase pour le backend de tous mes projets. Base de données, authentification, storage, edge functions. Un seul outil pour tout, avec un tier gratuit généreux qui suffit pour mes volumes actuels.

Vercel pour le déploiement. Push sur GitHub, déploiement automatique, preview sur chaque pull request. Zéro config serveur.

Stripe pour les paiements. MafateRésa et Kala passent par Stripe. L'intégration était un cauchemar au début, mais une fois en place, ça roule.

Notion pour la gestion de projet. Un tableau par projet, une vue kanban, des notes de journal quotidien. Rien de sophistiqué. J'ai essayé Linear, Jira, Trello. Trop de friction pour un solopreneur. Notion est juste assez structuré sans être oppressant.

Plausible pour l'analytics. Léger, respectueux de la vie privée, et suffisant pour mes besoins. Je n'ai pas besoin des 500 métriques de Google Analytics. Je veux savoir : combien de visiteurs, d'où ils viennent, quelles pages ils consultent.

Resend pour les emails transactionnels. Confirmations de réservation, relances, notifications. API simple, fiable, pas cher.

L'ensemble de ce stack me coûte moins de 100 euros par mois. Pour faire tourner quatre produits. C'est une autre révolution silencieuse : le coût d'infrastructure pour lancer un produit tech est quasi nul en 2027. Le seul investissement significatif, c'est mon temps.

Les pièges dans lesquels je suis tombé

L'IA a ses pièges, et je suis tombé dans plusieurs.

La sur-confiance dans le code généré. Au début, je faisais trop confiance à Claude. Je prenais le code, je l'intégrais sans vraiment le comprendre. "Ça marche, on passe à la suite." Résultat : une dette technique qui s'accumule, des bugs subtils qui apparaissent des semaines plus tard, et des heures passées à comprendre du code que j'aurais dû comprendre dès le départ. Maintenant, je lis chaque ligne. Si je ne comprends pas quelque chose, je demande à Claude de m'expliquer avant d'intégrer. Ça prend plus de temps, mais les fondations sont plus solides.

L'illusion de la productivité. L'IA donne l'impression de tout pouvoir faire, tout le temps. Tu peux coder à minuit, brainstormer à 6h du matin, écrire un email à 3h. Le risque, c'est de ne jamais s'arrêter. J'ai eu des périodes où je travaillais 14 heures par jour, sept jours sur sept, parce que Claude était toujours disponible. La qualité de mes décisions s'est effondrée. J'ai fini par poser des règles strictes : pas d'IA après 21h, un jour off par semaine, pas de code le dimanche.

La dépendance. Il y a eu un jour où Claude était down pendant 4 heures. Quatre heures pendant lesquelles j'étais incapable de coder. J'ai réalisé à quel point j'étais dépendant de l'outil. Pas juste pour le code -- pour la réflexion aussi. J'avais pris l'habitude de penser "avec" Claude, et sans lui, j'étais perdu. Depuis, je force des sessions de réflexion solo, sans IA. Pour garder ma capacité à penser par moi-même.

Le biais de confirmation. Claude a tendance à être d'accord avec toi. Si tu lui présentes une idée avec enthousiasme, il va l'encourager. C'est agréable mais dangereux. Pour contrer ça, je commence souvent mes sessions de réflexion par : "Joue l'avocat du diable. Dis-moi pourquoi cette idée est mauvaise." Ça force un point de vue contradictoire. Mais même avec cette technique, Claude reste plus accommodant qu'un vrai contradicteur humain.

Ce que je changerais dans mon setup

Mon setup actuel est le résultat de 18 mois d'itération. Il n'est pas parfait.

Si je recommençais, je mettrais en place des templates de conversation Claude pour chaque projet dès le début. Des prompts systèmes qui donnent à Claude tout le contexte du projet -- la stack, les conventions de code, les personas utilisateurs, les décisions déjà prises. Je perds encore du temps à re-contextualiser Claude à chaque nouvelle conversation.

Je serais aussi plus discipliné sur la documentation. Quand je résous un bug ou que je prends une décision technique, je devrais le documenter systématiquement. Aujourd'hui, ces informations sont éparpillées dans des dizaines de conversations Claude que je ne retrouve plus. Une base de connaissances centralisée par projet m'aurait fait gagner des heures.

Enfin, je diversifierais mes outils IA. Je suis très Claude-centrique, et c'est un risque. Je devrais tester d'autres modèles pour des tâches spécifiques -- la génération d'images, l'analyse de données, la veille concurrentielle. Ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier, même si ce panier est excellent.

Le futur du setup

Mon setup va évoluer. Les agents IA autonomes progressent vite. Dans quelques mois, je pourrai probablement déléguer des tâches entières : "Surveille les nouvelles inscriptions sur Kala, détecte les loueurs qui n'ont pas mis de photo sur leur annonce, et envoie-leur un email de rappel." Un agent qui tourne en fond, sans mon intervention.

Les IDE IA intégrés progressent aussi. La frontière entre "discuter avec une IA" et "coder" s'efface. Bientôt, je ne ferai probablement plus de copier-coller entre Claude et VS Code. Tout sera intégré.

Mais le fondamental ne changera pas : l'IA est un amplificateur, pas un remplaçant. Elle amplifie mes compétences, ma vitesse d'exécution, ma capacité à produire. Mais elle n'amplifie pas mon jugement, ma vision, mon ancrage terrain. Ces choses-là restent purement humaines. Et c'est peut-être la compétence la plus importante du solopreneur en 2027 : savoir ce qu'il faut déléguer à l'IA et ce qu'il faut garder pour soi.